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Une belle voix chaleureuse, convaincante, c’est un sacré atout dans la vie. Sans en changer, on peut toutes améliorer la nôtre, apprendre à la maitriser, à en jouer. Suivez les conseils de Hamid Raïss, notre coach personnel.

Notre timbre vocal de base nous est donné à la naissance, explique Jacques Bonhomme, psycho-phonologue, musicothérapeute, auteur de La Voix énergie. On sait que le futur bébé construit sa voix pendant le temps de gestation. Grâce à l’écoute. Car la voix n’émet que ce que l’oreille entend. Et cette dernière entend dès 4 mois de gestation: les bruits intérieurs comme les voix, notamment celle de la mère. Viennent ensuite “nos” voix, celles que nous développons en fonction de nos interlocuteurs (amis, amoureux, patrons … ) ou de nos émotions (colère, joie, peur … ) Même si nous ne les reconnaissons pas toutes en nous et si nous leur interdisons parfois de s’exprimer, elles existent.”

Lorsqu’on entend un enregistrement de sa propre voix, on est presque toujours surpris, et souvent mécontent. «Normal, notre voix nous semble étrange parce que, lorsque nous parlons, nous l’entendons par l’intermédiaire de l’oreille interne et de l’oreille externe. Notre interlocuteur, lui, ne la perçoit que par l’oreille externe». La perception que nous avons de notre voix n’est donc pas celle que les autres en ont. Pour avoir une bonne appréciation de sa voix, il vaut mieux, souvent, se fier au jugement des autres.

Pour Yves Ormezzano, médecin Ophoniatre, auteur du Guide de la voix : «La voix doit être le reflet de ce que l’on est. Elle est liée à l’intime, à la personnalité, à l’image que l’on projette de soi. Si elle n’est pas en accord avec ce que nous sommes profondément, on ne se sent pas bien.» Mais on peut l’améliore comme on entraîne son corps à courir, on peut entraîner et même contrôler sa voix pour en faire un outil de communication maniable, nous rassure Yves Ormezzano. Tout est affaire de respiration. La voix jaillit du corps. La base d’une voix maîtrisée, c’est donc le corps et surtout, sa détente. Quand nous restituons l’air emmagasiné dans nos poumons, nous faisons vibrer les cordes vocales au niveau du larynx, puis nous articulons.

Lorsqu’on est tendu, la gorge se serre, l’air ne passe pas, la voix est altérée. Au-delà de l’aspect mécanique du corps, notre inconscient et notre état psychologique influencent notre voix et nos désirs de la changer!

Une voix «standard»
«De plus en plus souvent, on demande à notre voix de bien vouloir se normaliser, constate Hamid Raïss. Les voix publiques, celles des journalistes comme celles des politiques, doivent se fondre dans une tonalité unique. Pour ne pas heurter nos oreilles.»

Une voix idéale
Yves Ormezzano affirme que «nous avons tous une quête de la voix idéale. Nous nous comparons inconsciemment à quelqu’un et nous essayons de lui ressembler. Cet autre peut être un père, une mère, un professeur, mais aussi une institution. Pour trouver sa voix, il faut quitter celle de l’autre, se “désidentifier’’, En réalité, acquérir une autonomie pour nous trouver nous-mêmes.

Des couacs révélateurs
Nos blocages, nos dérapages, une voix qui nous échappe sont autant de signaux que nous envoie notre inconscient. «Nous choisissons de faire “parler” telle ou telle partie de notre corps en fonction de notre histoire personnelle. Quelqu’un qui parle avec son thorax est plutôt dans la séduction. Avec le nez, on se trouve dans le registre de la volonté de persuader, précise Yves Ormezzano. Il suffit de le savoir et de s’entraîner à pratiquer les deux, selon les circonstances.

Quelle voix pour …
Nous avons la capacité de moduler notre timbre et notre intonation en fonction de l’interlocuteur et de l’environnement dans lequel se déroule le dialogue. Le Dr Ormezzano nous livre quelques clefs pour adapter la voix à son contexte.

Parler en public
«Il est capital de maîtriser son sujet. Il faut donc avoir répété avant. Rien de mieux que de réciter devant un public acquis (son mari, ses enfants, ses amies … ) pour exercer sa voix à former les mots, prendre un rythme, etc. Cela permet également de ne pas lire son texte. Le débit doit être assez lent. Et surtout, si micro il y a, le coller vertical sur son menton.

Côté posture, mieux vaut se tenir debout. L’introduction et la conclusion doivent être rédigées: si on est interrompu par un brusque “il faut finir”, on embraye alors directement. Enfin, dernière astuce : choisir dans la salle quelques personnes à qui l’on s’adresse et surveiller qu’elles suivent et comprennent.»

Apaiser une situation
«C’est ce que l’on enseigne aux personnes en contact avec le public : face à une situation où le ton monte, il vaut mieux garder une voix posée, calme et fermer le clapet aux émotions en se concentrant sur la respiration. Si vraiment il paraît difficile de garder le contrôle, voici un argument sur lequel on peut s’appuyer : se persuader que si l’on crie, l’autre va crier encore plus fort. Hurler devient alors une mauvaise stratégie.»

Faire preuve
«Dès lors que l’autorité naturelle est reconnue et que le rapport de domination est évident, l’intensité de la voix compte. Il s’agit de jouer sur la prosodie: variation de rythme, de hauteur, de volume. On peut donc parler plus fort. Accélérer le débit et rythmer ses propos permet d’être plus cassant. Nous sommes dans une situation de comédie, il faut en utiliser les artifices. Si l’enfant n’est pas le vôtre, mieux vaut adopter une attitude inverse : parler doucement, ralentir le débit pour l’inciter à vous porter attention.»

Petits entrainements au quotidien

1. Maîtriser sa respiration
Inspirez doucement, en visualisant l’air qui pénètre dans votre corps et le gonfle: d’abord le ventre, puis les poumons, la gorge et, enfin, !a bouche. Restez en apnée quelques secondes, puis lentement (comme si vous éteignez une bougie) expirez dans le sens inverse, en vidant la bouche, la gorge, les poumons, le ventre, très lentement, mais à fond. Lorsqu’on répète cet exercice, on s’habitue à gérer le flux d’air. En apprenant à détendre son corps, on prépare la voix à affronter les changements de rythmes inopinés.

2. Se tenir droite
«C’est notre attitude corporelle qui permet de sortir un son juste et approprié, développe Hamid Raïss. Assis, il faut se tenir sur le devant de la chaise, les pieds au sol, bien à plat. Debout, le corps est droit et souple, la tête dans le prolongement de la colonne vertébrale.” Il faut visualiser une ligne droite qui nous traverserait de la pointe du crâne à la plante des pieds. Les épaules doivent être détendues. Expérience: avancez la tête vers l’avant, votre voix devient instantanément plus aiguë.

3. Placer sa voix
Il existe un exercice simple pour apprendre à placer sa voix: le chuchoté-timbré, précise Hamid Raïss. Il consiste à chuchoter. Cette technique oblige à utiliser une respiration ventrale. Ensuite, il suffit de se remettre lentement à parler avec une voix normale. Si l’on conserve une respiration identique, la voix se place naturellement.

4. Bichonner ses muqueuses
La sécheresse agresse les muqueuses. Il est donc important de ne pas trop chauffer chez soi et d’humidifier. Est-il utile de rappeler aussi que la fumée est mauvaise? Pour ce qui est de la réparation, les bonbons au miel n’ont jamais aidé. Le mieux reste encore un lait chaud. Mais rien n’empêche les gourmandes d’y verser une cuillère de miel.

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