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Comme on vous l’a probablement enseigné à l’école pendant des années, le féminin était peu représenté dans les noms de métiers et de fonctions. En effet, en français, la plupart des noms de métiers traditionnellement masculins ne disposaient pas d’une forme féminine. Vous avez donc certainement le réflexe d’écrire « elle est chercheur » ou « Madame le Maire ».


Mais ça, c’était avant ! Car depuis le 28 février dernier, l’Académie française s’est prononcée en faveur d’une ouverture à la féminisation des noms de métiers, de fonctions, de titres et de grades. 

Le français reste un moyen de communication régi par des règles donc, dans ce cas, des règles existent comme par exemple : -eur à-euse (comme coiffeur àcoiffeuse)  et –teur à-trice (comme facteur àfactrice) or …. l’Académie française a choisi de ne pas légiférer mais de donner uniquement un avis concernant le « bon usage », laissant ainsi aux pratiques le soin de trancher. 
Autrement dit : chacun fait comme il veut et l’Académie française verra, à l’usage, quels sont les termes les plus utilisés. Ne cherchez donc pas une liste exhaustive sur laquelle nous pourrions nous baser.

Des féminisations différentes d’un même mot coexistent donc il faudra encore quelques années pour trancher. 
Un chef, une ….  chèfe, cheffe, cheffesse, cheftaine ou même chève (comme brève) ?
Ha … voilà une bataille langagière dont les Français sont si friands ! 

Malgré les apparences et au grand dam des puristes, la langue française est vivante, elle change, elle se métamorphose … elle s’adapte à la société. C’est pourquoi l’Académie française a décidé de contribuer à rééquilibrer, par la sémantique, la position des femmes dans la société, de rendre plus visible le rôle des femmes dans la vie publique et professionnelle.

Ce débat n’est donc pas uniquement un débat linguistique mais aussi un débat sociologique.

Vous pouvez donc entendre désormais inventeuse, chirurgienne, commandante, artisane, experte, maçonne, mécanicienne, jardinière, cheminote, avocate … (par contre médecin reste médecin même au féminin).

Me concernant, je me suis donc posé la question : quand je me présente, dois-je dire entrepreneure ou entrepreneuse ? 
Je trouve que le mot [entrepreneure] sonne mieux à l’oreille car il y a moins de différence avec ce que j’ai l’habitude d’entendre. Certains préfèrent d’ailleurs utiliser la variante qui ne se remarque qu’à l’écrit car cela permet, selon eux, de mettre en valeur le prestige de la fonction (on peut cependant s’interroger sur le fait que le discours n’est pas le même pour [coiffeuse] ou [caissière] par exemple …).Utiliser le mot [entrepreneuse] permet donc d’accentuer la sonorité féminine, de l’assumer pleinement, ce qui devient quasiment un acte militant. C’est la revendication d’une certaine forme d’égalité dans l’appropriation des termes. Mais ce mot a, avouons-le, une connotation coquine … 

« une femme entrepreneuse » fait penser inconsciemment à « une femme entreprenante ».

Entre les deux termes mon cœur balançait … mais j’ai tranché (pour mon utilisation personnelle, chacun reste libre de faire comme il le souhaite) : j’utiliserai désormais le mot [entrepreneure] pour la simple raison que c’est ce terme que mes amis québécois semblent utiliser très majoritairement !

Quant au féminin de [auteur], vous préférez [auteure] ou [autrice] ? 
L’utilisation de [autrice] choque un peu mais on dit bien « un acteur – une actrice » … ce n’est donc qu’une question d’habitude ! Alors … après avoir entendu toutes les conséquences linguistiques et sociales de ce débat : qu’allez-vous utiliser comme terme(s) désormais ? 

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