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crédits à régler sont tant de sources de contrariétés qui altèrent votre sommeil.

« Dormir, je le veux ! » Malheureusement dans les faits, il ne suffit pas de claquer des doigts, fermer les paupières ou même se coucher pour s’endormir ! Nos difficultés sont souvent associées à une hygiène de vie inadaptée, qui si elle était rééquilibrée, suffirait logiquement à régler le problème. Mais les mauvaises nuits s’accumulent, l’humeur et la forme s’en ressentent, l’anxiété et le stress s’y ajoutent.. et nous sombrons vite, non pas dans les bras de Morphée, mais dans le cercle vicieux de l’insomnie chronique !

Les secrets du sommeil
À l’heure du marchand de sable, impossible de résister, le sommeil se fait implacable. Mais que se passe-t-il dans notre tête et notre corps quand nous fermons les yeux? Le sommeil n’est pas linéaire, mais se décompose en cycles, qui se succèdent de la même façon chez tout le monde. «Premier à se mettre en place, le sommeil se caractérise, comme son nom l’indique, par un ralentissement progressif du cerveau et comporte 4 stades », explique le Dr Driss Bennani. «Le premier est un état de transition entre veille et sommeil : les yeux se ferment, les muscles sont encore un peu tendus, le réveil est très facile.

Au deuxième, on parle encore de sommeil léger, mais le cerveau fonctionne au ralenti, les mouvements oculaires se raréfient et les muscles se détendent légèrement. Ces deux stades représentent à eux seuls quasiment la moitié de la nuit. Ils reposent, mais ne sont pas complètement récupérateurs. Les stades 3 et 4 (20 à 25% du temps de sommeil, caractérisent le sommeil profond. Le cerveau est ralenti, les muscles sont au repos, les yeux immobiles, le corps récupère véritablement, surtout de sa fatigue physique, et il est très difficile (et pénible) d’être réveillé.

4 À 6 CYCLES PAR NUIT Ensuite seulement, vient le sommeil dit «paradoxal» (25% environ du temps de sommeil de la nuit): le cerveau redevient actif, les yeux bougent rapidement derrière les paupières, mais tout le corps est paralysé et les muscles sont inertes : c’est le moment du rêve, et de la récupération psychique. Si les cycles se succèdent toujours de façon identique, la durée de chaque type de sommeil varie au cours de la nuit.

Pendant la première partie, le sommeil profond (stades 3 et 4) est plus important, et plus la nuit avance, plus le sommeil paradoxal devient prépondérant, jusqu’au petit matin, ce qui explique que l’on se souvienne souvent des rêves de fin de nuit, juste avant notre réveil, alors que les autres seront oubliés. Tout cela compose un cycle de sommeil entier, qui dure entre 1 et 2 heures et chaque nuit voit se succéder entre 4 et 6 cycles, dont l’ordre est immuable. Seule la proportion de chaque type de sommeil peut évoluer au cours de la nuit. Entre chaque cycle, nous nous éveillons, plus ou moins souvent, avant de replonger aussitôt. Normalement!

La santé commence sous la couette
Le sommeil, une perte de temps ? Sûrement pas ! Si nous lui consacrons près d’un tiers de notre vie, c’est pour d’excellentes raisons. Aujourd’hui encore, beaucoup d’entre nous estiment que dormir ne sert à rien, que ce temps (presque un tiers de notre vie, c’est énorme) est perdu, sans intérêt…

D’ailleurs, les gros dormeurs sont souvent considérés comme des fainéants. À tort: ce n’est pas parce qu’il se repose que le corps ne fait rien, au contraire! D’ailleurs, les troubles du sommeil sont vite suivis de dérapages physiques dans la journée.

UNE MÉMOIRE AU TOP Tous les étudiants qui ont bachoté au dernier moment, le soir tard ou le matin aux aurores, juste avant leurs examens, le savent: ils sont prêts le moment venu, mais oublient immédiatement après ce qu’ils ont révisé! Cela n’a rien d’étonnant puisque c’est pendant les phases de sommeil profond que s’effectuent les processus de mémorisation à long terme. Les informations acquises pendant la journée qui vient de s’écouler sont intégrées pendant le sommeil profond (présent surtout en début de nuit), et pendant le sommeil profond paradoxal (prépondérant en fin de nuit), les données sont triées afin d’éliminer toutes celles qui sont superflues.

Quand la nuit est trop brève, la mémoire flanche et ne s’exerce plus qu’à très court terme. UN POIDS STABLE Pour rester mince, il faut dormir! En effet, c’est pendant le sommeil que sont synthétisées un grand nombre d’hormones essentielles, impliquées dans le métabolisme énergétique, la sensation de faim et de satiété, les mécanismes de stockage. Cela fait maintenant plusieurs années que les spécialistes ont démontré la relation directe entre courte durée de sommeil et indice de masse corporelle (IMC, sorte de marqueur du poids en fonction de la taille). Aux États-Unis, la réduction du temps de sommeil semble jouer un rôle dans la flambée de l’obésité.

Ainsi, un manque de sommeil augmente la sécrétion de ghreline (une hormone qui stimule l’appétit et favorise la prise de poids), et diminue celle de leptine (impliquée, à l’inverse, dans la satiété). Les kilos s’accumulent alors insidieusement. Sans compter le fait que, trop fatigué par de mauvaises nuits, chacun a tendance à réduire ses activités physiques dans la journée, ce qui favorise, là encore, la prise de poids.

UN MORAL AU BEAU FIXE Mais à quoi servent donc nos 100 minutes de rêve par nuit? Les premières réponses sur ce sujet sont dues au neurobiologiste français Michel Jouvet, qui a commencé à lever le voile sur le sommeil paradoxal et les grands mystères du rêve (qui représente environ 10% de notre vie!), mettant en évidence ces caractéristiques sur le plan physique et cérébral : alors que notre cerveau est en plein orage, nos muscles sont totalement amorphes et notre corps paralysé.

Selon ce spécialiste, le rêve serait un troisième état de vigilance, aussi différent du sommeil que de l’éveil proprement dit. Son intérêt? Il reste encore peu clair, mais serait excellent pour l’équilibre psychique : en nous autorisant à vivre la nuit, sans aucune censure, tous nos rêves, nous nous réveillerions moins frustrés face à notre quotidien légèrement moins glamour…

Cette sorte de vie parallèle où rien n’est interdit nous permet d’accomplir des tâches gratifiantes (gagner les Jeux olympiques, voler au secours des opprimés, conduire une Formule 1… ), de soulager nos pulsions et rancoeurs (mettre une claque à son ex ou à son patron), et sans doute de moins passer à l’acte et de mieux vivre nos périodes d’éveil et nos moments difficiles. Quand on dit que le sommeil est un refuge…

En nous autorisant à vivre la nuit, sans aucune censure, tous nos rêves, nous nous réveillons moins frustrés face à notre quotidien légèrement moins glamour…

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